Quels modes de preuves sont illicites en droit pénal ?

Août 1, 2021 | Lois et reglementation | 0 commentaires

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Démontrer la véracité d’un fait : à l’ère du numérique, il semble que jamais cela n’ait été aussi simple. En témoignent les enregistrements qui circulent sur les réseaux pour appuyer les mouvements viraux à l’image de #MeToo ou #BlackLivesMatter. Face à une injustice, nous sommes tentés de sortir nos smartphones pour attester, montrer, prouver. Encore faut-il différencier l’intérêt public de l’intérêt privé, la matière pénale de la matière civile et nombre de considérations encore. En effet, qu’en est-il de la légalité de la preuve ? Il faut savoir que la notion de consentement la concerne également. C’est là toute la problématique : définir la nature de la preuve en droit français. Peut-on utiliser des moyens de preuve obtenus illicitement dans le cadre d’une procédure ? Faisons le point sur les lois et sur les différents cas de figures.

Moyen de preuve illicite : de quoi parle-t-on ?

L’atteinte à la vie privée

Que ce soit dans un cadre professionnel ou privé, filmer ou enregistrer une personne dans l’intention de s’en servir en cours de procédure, afin d’apporter la preuve d’agissements malveillants, est contraire au droit. Un moyen de preuve obtenu de manière illicite, c’est-à-dire sans le consentement de la personne incriminée est une violation de la loi au sens strict.

Bon à savoir. 

La personne à l’origine de l’enregistrement clandestin d’une conversation confidentielle, en agissant ainsi, court le risque d’être condamnée pour enregistrements non autorisés de conversations. Le code pénal puni d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende le fait de porter atteinte à la vie privée.

Enregistrer une conversation est possible mais uniquement si cela ne porte pas atteinte aux droits et libertés fondamentaux. La raison : la protection de la vie privée, tel que stipulé dans l’article 9 du Code Civil. Ainsi en droit civil, votre interlocuteur doit être prévenu et doit pouvoir formuler son autorisation. La publication et la diffusion, sans consentement, des propos d’une personne, relève de la propriété intellectuelle. 

La preuve est libre

Voici pour la règle générale qu’il convient maintenant de nuancer selon les cas de figure. En effet, en droit, toute preuve est considérée libre dans l’absolu. Même si elle a été obtenue à l’insu de la personne visée, une preuve peut dont être utilisée dans le cadre d’une procédure. Les enregistrements illicites peuvent donc constituer une preuve…

 

En contrepartie, le principe du contradictoire doit être respecté. Cela signifie que la preuve est recevable si elle a été soumise à la discussion contradictoire. Concrètement, un enregistrement illicite, au même titre que n’importe quelle preuve, peut être utilisé dans un procès seulement s’il a été transmis à la partie adverse afin qu’elle puisse s’en défendre, selon l’article 427du CPP.

Bon à savoir. 

Il est important de distinguer la matière pénale et la matière civile. En France, la procédure civile est dite accusatoire. Elle fait appel au système de la preuve légale. La procédure pénale est dite inquisitoire. Elle concerne le système de la preuve morale. Cela signifie que le juge décide d’après son intime conviction.

Dans quels cas une preuve obtenue clandestinement peut-elle être exploitée ?

Ce que dit le droit pénal

En matière pénale, les preuves illicites ne sont pas exploitables sauf dans l’élucidation d’infractions graves. Dans ces cas précis, il en va de l’intérêt public contre l’intérêt privé (celui du prévenu). Concrètement, la preuve est jugée exploitable au cas par cas. 

Le saviez-vous ? 

En 2012, la question des enregistrements comme mode de preuves étaient au cœur de la très médiatisée « affaire Bettencourt ». La Chambre criminelle de la Cour de cassation a rappelé que les enregistrements audios obtenus à l’insu d’une personne sont recevables en justice en tant que preuve afin de porter plainte contre cette personne au titre d’infractions pénales dont elle se serait rendue coupable et sans que le droit au respect de la vie privée ni même de la violation du secret professionnel puisse valablement constituer une limite ».

Ce que dit le droit civil

En matière civile, là encore, le moyen de preuve obtenu de façon illicite peut être recevable s’il sert ce que le tribunal nomme « la manifestation de la vérité » au nom de l’intérêt général. Concrètement, si la preuve est indispensable pour déterminer la vérité, elle peut être utilisée. Toutefois, il convient de vérifier si cette preuve aurait pu être obtenue de manière licite.

Ainsi, l’exploitation d’une preuve obtenue de manière illégale dépend du cas par cas. Mieux vaut peser le pour et le contre avant de se lancer !

Qu’en est-il du particulier ?

Quid d’un enregistrement prouvant un harcèlement professionnel, de dommages subis suite à un sinistre à faire-valoir à son assurance, d’un vol suite à un cambriolage ou même d’un conflit de voisinage ?

Si le tribunal peut faire preuve d’indulgence envers un particulier, en ce sens qu’il est dépourvu de connaissances juridiques, il n’en sera pas de même si ce dernier est accompagné par un avocat. Ce dernier, censé être informé du caractère illicite de la preuve, est tenu par la loi de défendre les intérêts de son client en usant de moyens légaux. Une plainte pénale pourrait être déposée à son encontre.

À retenir

Un enregistrement obtenu de façon illégale par un particulier peut être recevable par le juge pénal (ce qui n’empêche pas d’être poursuivi pour détention de preuve illégale et violation de la vie privée). Mais retenez que cela est rarement le cas devant le juge civil. En matière civile, la preuve doit être obtenue par des moyens licites et loyaux. En d’autres termes, sans consentement, la preuve peut difficilement être exploitée.

Comment obtenir une preuve de façon légale ?

Détenteur d’une preuve obtenue à l’insu d’autrui, la vigilance est de mise. Exploiter un moyen de preuve obtenu de façon illicite n’est pas sans conséquence. Si tout est mis en œuvre pour servir la vérité, le tribunal judiciaire prend également en compte l’intérêt public ou privé et opère finalement au cas par cas. Ainsi, celui qui produit une telle preuve lors d’une procédure n’est pas à l’abri d’être à son tour poursuivi !

En effet, le risque de présenter une preuve obtenue illégalement est double : non seulement elle peut être refusée mais la partie adverse peut porter plainte contre celui qui l’a produite… même si elle est acceptée.

Enfin, si le tribunal admet l’exploitation d’une preuve obtenue illégalement, il s’assurera toujours qu’il s’agit d’un type de preuve qui aurait pu être obtenu légalement et non d’une preuve obtenue d’une manière pénalement répréhensible comme des aveux sous pression, voire torture…

Avant de se jeter dans la gueule du loup, il est donc plus prudent de se demander si la preuve peut être obtenue de manière licite.

Bon à savoir. 

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Le traitement de la preuve est plus complexe qu’il n’y paraît. Les citoyens estiment que justice est rendue quand vérité est faite. Mais la problématique de l’admissibilité de la preuve constitue un véritable enjeu dans toute procédure. Elle induit les notions de légalité mais aussi de liberté de la preuve. En fonction du contexte juridique dans laquelle elle s’inscrit (droit civil ou droit pénal, nature du cas, particulier soutenu par un avocat, etc.) la preuve est à manipuler avec précaution…

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